L’allaitement ne va pas toujours de soi, mais avec les bonnes informations et le bon soutien, tu peux vivre cette aventure sereinement. Découvre comment te préparer, surmonter les difficultés et t’entourer pour réussir ton projet d’allaitement.
Allaiter aujourd’hui : un parcours qui se prépare
Contrairement aux idées reçues, allaiter ne va pas toujours de soi. Et ce n’est pas une question de volonté ou de capacité – c’est simplement que nous ne sommes plus entourées par un village qui s’y connaît et qui peut nous soutenir dans cette aventure.
Autrefois, l’allaitement faisait partie du quotidien : on voyait les femmes allaiter autour de soi, on observait, on posait des questions, on apprenait par mimétisme. Aujourd’hui, dès la maternité, on te proposera souvent un biberon « au cas où », pour que tu puisses te reposer ou pour que le papa « trouve sa place ». Et très souvent, cela vient fragiliser la mise en route de ton allaitement.
La bonne nouvelle ? Avec les bonnes informations, un entourage préparé et du soutien adapté, tu peux mettre toutes les chances de ton côté pour vivre un allaitement serein, qui corresponde à tes besoins et à ceux de ton bébé.
Ce que disent les chiffres sur l’allaitement en France
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois, puis sa poursuite en complément d’une alimentation adaptée jusqu’à deux ans ou plus.
Les bénéfices sont immenses : pour le bébé (immunité renforcée, digestion optimale, développement cérébral) comme pour la mère (récupération post-partum facilitée, baisse du risque de certains cancers, équilibre hormonal).
Et pourtant, la France fait partie des pays d’Europe où le taux d’allaitement est le plus bas :
- 77% des bébés nés en 2021 étaient allaités à la maternité, contre plus de 95% en Finlande ou en Norvège
- Deux mois plus tard, seules 34,4% des femmes allaitent encore exclusivement leur enfant
Ces chiffres ne traduisent pas un manque d’envie, mais un manque de soutien et d’information adaptée.
Les bénéfices de l’allaitement maternel
Pour le bébé : un aliment vivant et évolutif
Le lait maternel est bien plus qu’un simple aliment. C’est un fluide vivant qui s’adapte en permanence aux besoins de ton bébé.
Composition sur mesure :
- La composition change selon l’heure de la journée : le lait du soir contient plus d’endorphines pour faciliter l’endormissement
- Elle évolue selon l’âge du bébé pour correspondre exactement à ses besoins nutritionnels
- Elle varie même selon le sexe du bébé
- Ton corps produit des anticorps spécifiques si ton bébé est malade, même si tu n’es pas toi-même malade
Protection immunitaire :
- Anticorps qui protègent contre les infections
- Facteurs de croissance qui favorisent la maturation du système immunitaire
- Prébiotiques naturels qui développent une flore intestinale saine
Développement optimal :
- Acides gras essentiels (DHA, ARA) pour le développement cérébral et de la vision
- Digestion facilitée : le lait maternel est parfaitement adapté au système digestif immature du nouveau-né
- Moins de coliques et de troubles digestifs
Réduction des risques : Une méta-analyse publiée dans Pediatrics en 2011 montre qu’allaiter pendant au moins deux mois réduit de près de 50% le risque de mort subite du nourrisson (MSN). Comme le souligne la chercheuse Fern Hauck : « Même un allaitement de courte durée réduit considérablement le risque. Et plus longtemps un bébé est allaité, plus les bénéfices sont grands. »
L’allaitement diminue également les risques d’obésité infantile, de diabète de type 1, d’infections respiratoires et ORL, et d’allergies.
Pour la mère : récupération et protection à long terme
Récupération post-partum immédiate :
- Libération d’ocytocine qui favorise la contraction de l’utérus et réduit les saignements
- Retour plus rapide au poids d’avant grossesse (l’allaitement brûle environ 500 calories par jour)
- Repos optimisé : allaiter en position allongée permet à la maman de se reposer davantage que si elle devait préparer des biberons
Équilibre hormonal :
- Libération d’ocytocine (hormone de l’amour et de l’attachement) et de prolactine (hormone de la maternité)
- Ces hormones favorisent le bien-être émotionnel et renforcent le lien mère-bébé
- Effet apaisant et anti-stress naturel
Protection à long terme :
- Réduction du risque de cancer du sein (4,3% de diminution du risque pour chaque année d’allaitement)
- Réduction du risque de cancer des ovaires
- Diminution du risque d’ostéoporose
- Protection cardiovasculaire : baisse du risque de diabète de type 2 et de maladies cardiaques
Aspects pratiques :
- Économique : pas d’achat de lait infantile, de biberons, de stérilisateur
- Pratique : lait toujours disponible, à bonne température, pas de préparation
- Écologique : aucun déchet, aucun transport

Les freins à l’allaitement : pourquoi c’est difficile
Le manque de soutien de l’entourage, notamment du partenaire
C’est souvent le frein le plus sous-estimé, et pourtant le plus décisif.
Quand une maman traverse des moments difficiles lors de la mise en place de l’allaitement – montée de lait douloureuse, bébé qui pleure beaucoup, fatigue extrême – son entourage, et particulièrement son·sa partenaire, peut avoir deux réflexes naturels mais contre-productifs :
1. Vouloir « sauver » sa partenaire en proposant une solution de facilité
Voir la personne qu’on aime en détresse est difficile. Le biberon apparaît alors comme LA solution miracle qui va tout résoudre. Sauf que :
- L’allaitement permet justement à la maman de récupérer plus vite (hormones, position allongée)
- Les difficultés des premiers jours sont normales et temporaires
- Introduire le biberon trop tôt peut fragiliser la mise en place de la lactation
2. Vouloir « trouver sa place » et créer du lien en donnant le biberon
C’est une croyance très répandue, y compris chez les professionnel·les de santé : le papa/partenaire aurait besoin de donner le biberon pour créer un lien d’attachement avec son bébé.
C’est faux.
Comprendre le lien d’attachement : au-delà de l’alimentation
Le lien d’attachement entre un bébé et son parent ne se crée pas par l’alimentation, mais par la présence, la réponse aux besoins, le contact physique et la régularité des soins.
Comment se crée le lien d’attachement ?
Le bébé développe un attachement sécure quand :
- Ses besoins sont identifiés et comblés de manière prévisible et cohérente
- Il reçoit du réconfort lors de moments de détresse
- Il vit des interactions chaleureuses, du regard, de la voix, du toucher
- Il se sent en sécurité dans les bras de cette personne
Toutes ces pratiques favorisent donc l’attachement en complément de l’allaitement : le peau à peau, le portage (parfait pour prendre le relais facilement quand la maman allaite !), le cododo et tous les autres soins quotidiens.
Le partenaire a donc un rôle IMMENSE à jouer, mais pas en donnant le biberon. Son rôle est de :
- Soutenir émotionnellement la maman dans son projet d’allaitement
- Prendre en charge tous les autres besoins du bébé (changes, bains, portage, réconfort)
- Créer SON propre lien avec le bébé par le peau à peau, le portage, les soins
- Protéger la bulle mère-bébé des intrusions extérieures
- Rappeler que les difficultés sont temporaires et normales
Quand le partenaire est préparé et informé en amont, il devient le gardien de la mise en place de l’allaitement plutôt qu’un frein involontaire.
Le mythe du « lait pas assez bon »
Combien de fois entend-on : « Mon lait n’est pas assez nourrissant » ou « Il n’en a pas assez » ?
C’est totalement faux.
Le lait maternel s’adapte chaque jour aux besoins du bébé : il change de composition, de densité, d’anticorps selon l’heure de la journée, l’âge du bébé, et même son sexe. Il intègre des endorphines le soir pour faciliter l’endormissement. Ton corps produit même des anticorps spécifiques si ton bébé est malade. C’est littéralement un aliment sur mesure.
Le problème vient souvent d’un démarrage difficile : mauvaise position, succion inefficace, ou allaitement « à heures fixes » plutôt qu’à la demande. Il est extrêmement rare de ne pas avoir assez de lait – le corps humain est bien fait.
À savoir : Les bébés perdent du poids les 3 premiers jours, c’est physiologique et normal. Cela n’a rien à voir avec ta production de lait, même si on peut te laisser croire le contraire à la maternité.
Le manque d’accompagnement professionnel sur l’allaitement
À la maternité, le personnel soignant n’a pas toujours le temps ou la formation pour accompagner correctement l’allaitement. Certaines femmes reçoivent des conseils contradictoires d’une équipe à l’autre.
Et une fois à la maison, on se retrouve souvent seule avec ses questions, son bébé et sa fatigue.
C’est pour ça que des associations comme La Leche League France jouent un rôle essentiel. Leurs animatrices sont formées, bénévoles et disponibles pour écouter, répondre, rassurer. Leur site est une mine d’informations fiables et accessibles à toutes.
La douleur éventuelle et les débuts compliqués
L’allaitement ne devrait pas faire mal, mais les débuts peuvent être délicats : crevasses, engorgements, réflexe d’éjection fort, montée de lait tardive ou intense…
La montée de lait, notamment, est une expérience très intense – physiquement et hormonalement – qui arrive vers le 2e ou 3e jour. Tes seins peuvent être durs comme des pierres, ton bébé peut pleurer beaucoup (c’est normal), et toi, tu peux te sentir submergée.
Dans la majorité des cas, quelques ajustements suffisent :
- Repositionner le bébé pour améliorer la prise du sein
- Faire vérifier la succion par un.e professionnel.le formé.e (l’Institut au Sein en Douceur a mis en place un annuaire indispensable sur ce sujet)
- Appliquer des compresses chaudes ou du lait maternel sur les seins
- Te faire aider par une consultante IBCLC, une consultante en allaitement ou une animatrice La Leche League
Les freins physiques (freins restrictifs au niveau de la bouche, reflux gastro-œsophagien, réflexe d’éjection fort…) sont plus fréquents qu’on le croît. Si tu sens que quelque chose ne va pas, n’hésite pas à consulter rapidement une consultante en lactation ou un·e ORL spécialisé·e bébé, même si ta sage-femme te dit que tout va bien.
Ces problèmes sont souvent mal diagnostiqués et peuvent induire la fin prématurée de l’allaitement, alors que certains se corrigent facilement.
Le poids du regard extérieur et des injonctions sur l’allaitement
Certaines femmes allaitent dans l’intimité par peur du jugement (« Tu allaites encore à 6 mois ?! ») ; d’autres subissent la pression inverse (« Tu n’allaites pas ?! »).
Les injonctions autour de l’allaitement sont fortes : quoi que tu fasses, on aura toujours un avis sur toi. Et c’est un poids énorme en post-partum, quand tu as surtout besoin de douceur et de confiance.

Déclenchement, césarienne : mettre toutes les chances de son côté pour un allaitement réussi
Si ton accouchement s’est éloigné de la physiologie (déclenchement, péridurale, césarienne) ton allaitement peut démarrer différemment. Pas forcément moins bien, mais différemment. Et avec un soutien adapté, il peut tout à fait s’installer durablement.
Voici ce qui fait la différence.
Le peau à peau, le plus tôt et le plus longtemps possible
C’est le levier le plus puissant, quelle que soit la façon dont tu as accouché. Le comportement du nouveau-né dans la première heure de vie peut être perturbé par l’ocytocine synthétique, avec une réduction des signaux de faim et des réflexes de succion.
Le peau à peau immédiat et prolongé aide ton bébé à retrouver ces instincts. Il stimule ta propre production d’ocytocine, relance le réflexe d’éjection du lait et favorise le lien. En cas de césarienne, il est possible de le demander en salle de réveil, voire en salle d’opération dans certaines maternités. Renseigne-toi en amont et note-le dans ton projet de naissance.
Anticiper une montée de lait plus tardive, et ne pas paniquer
La montée de lait peut être retardée après une césarienne, chez une femme diabétique ou après un accouchement long et difficile.
Si ta montée de lait arrive au 4e ou 5e jour plutôt qu’au 2e ou 3e, ce n’est pas le signe que ton corps ne fonctionne pas, c’est une réponse physiologique attendue. Le colostrum est là dès la naissance, en petite quantité mais parfaitement adapté aux besoins de ton bébé. L’essentiel est de mettre au sein très fréquemment, même si tu as l’impression que « rien ne sort ».
Mettre au sein souvent, très souvent
La lactation fonctionne sur le principe de l’offre et la demande : plus ton bébé tète (ou plus tu tires ton lait), plus ton corps en produit. Après un déclenchement ou une césarienne, où les hormones naturelles ont pu être perturbées, la fréquence des tétées est encore plus importante pour envoyer les bons signaux à ton corps.
Limiter les compléments sauf indication médicale réelle
À la maternité, les compléments de lait artificiel sont souvent proposés rapidement après une césarienne ou un déclenchement, parfois par précaution, parfois par manque de temps pour soutenir la mise au sein.
Si on te les propose, tu peux demander : quelle est l’indication médicale précise ? Si ton bébé perd du poids dans les normes physiologiques (moins de 10 % dans les 3 premiers jours), si ses couches sont mouillées et qu’il est vigoureux, les compléments ne sont généralement pas nécessaires. Si des compléments sont vraiment indiqués, un Dispositif d’Aide à la Lactation (DAL) au sein permet de les donner tout en continuant à stimuler ta lactation.
Solliciter une consultante en lactation dès la maternité
Des données récentes montrent que des taux d’allaitement comparables peuvent être atteints à 3 et 6 mois quel que soit le mode d’accouchement, dès lors qu’un soutien structuré à l’allaitement est mis en place.
Ce soutien, c’est principalement une consultante en lactation IBCLC, idéalement dès le séjour en maternité, ou dans les premiers jours à la maison. Elle peut évaluer la prise du sein, détecter un frein de langue, ajuster la position, et surtout te rassurer sur ce qui est normal dans ton contexte particulier.
Le rôle du co-parent est encore plus crucial
Après un accouchement médicalisé, la fatigue physique et émotionnelle est souvent plus intense. Le co-parent devient un soutien indispensable : il protège la bulle mère-bébé, gère les visites, prend en charge tout ce qui n’est pas la tétée, et rappelle que les difficultés des premiers jours ne préjugent pas de la suite. Un·e partenaire informé·e sur le lien entre accouchement et allaitement ne proposera pas le biberon comme solution au premier pleur, il·elle comprendra ce qui se joue hormonalement et soutiendra le cap.
Les clés pour préparer un allaitement serein
Te préparer avant la naissance
L’allaitement commence bien avant la première tétée. Comprendre comment ton corps fonctionne, comment la lactation se met en place, et à quoi t’attendre les premiers jours peut faire toute la différence.
Concrètement, tu peux :
- Lire LE livre de référence Le manuel très illustré de l’allaitement
- Télécharger la checklist des indispensables de l’allaitement disponible dans ce pack
- Rejoindre des groupes de soutien en ligne (par exemple le groupe Facebook La Leche League France)
- Identifier le contact d’une consultante en lactation IBCLC ou d’une consultante en allaitement en amont
- Échanger avec des mères qui ont allaité autour de toi pour avoir de vrais retours d’expérience
- Te renseigner sur les pratiques de ta maternité (personnel formé à l’allaitement ? taux d’allaitement maternel pendant le séjour ?)
T’entourer des bonnes personnes
Le rôle de ton entourage, notamment du co-parent, va être déterminant.
Comme pour la gestion de la douleur pendant l’accouchement, dans ces moments de grande fatigue et de remise en question, tu as besoin de personnes qui te soutiennent dans ton choix plutôt que de personnes qui te proposent une sortie rapide, même avec les meilleures intentions.
Cela peut être déroutant pour un·e partenaire de voir la détresse de la maman. Passer au lait artificiel peut sembler la solution à tous les problèmes à ce moment-là. Mais il est essentiel de garder en tête que :
- L’allaitement permet aussi à la maman de récupérer plus vite lors de ses siestes ou la nuit
- Le lait artificiel ne garantit pas de meilleures nuits (c’est vraiment la loterie)
- Psychologiquement, abandonner l’allaitement plus tôt que prévu peut être difficile à vivre pour la maman
Un·e partenaire bien préparé·e pourra :
- Rappeler que ce qui se passe (notamment lors de la montée de lait) est normal
- Encourager le peau à peau
- Prendre le relais pour bercer le bébé, aller le balader en portage
- Offrir un soutien émotionnel sans proposer systématiquement le biberon comme solution
- Participer à une session de préparation à l’allaitement, même s’il·elle ne se sent pas directement concerné·e – cela fera toute la différence
N’hésite pas à lui partager le défi audio Gardiens de la Naissance, qui a tout un épisode dédié à l’allaitement.
Connaître les bonnes pratiques dès la maternité
Dans les maternités, on a souvent tendance à proposer des compléments de lait artificiel rapidement. Ce n’est généralement pas lié à ta production de lait, mais à leur gestion du risque en interne.
Si on te propose des compléments et qu’on te dit que c’est une opportunité pour que le papa soit impliqué, méfie-toi : c’est une fausse bonne idée. Même si tu donnes des compléments, utilise un DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation) au sein pour continuer à stimuler ta lactation. Si c’est le co-parent qui donne au biberon ou à la paille, cela peut contribuer à un échec de l’allaitement sans le savoir.
Le premier mois est crucial : c’est le moment où tout se met en place. Après, quand l’allaitement sera installé, tout sera plus simple.
Respecter le rythme de ton bébé pour une bonne mise en place de l’allaitement
L’allaitement à la demande (et non à heures fixes) est essentiel pour bien installer la lactation. Ton bébé sait ce dont il a besoin.
Concernant les tétines et les biberons : le risque, c’est la confusion sein-tétine, surtout le premier mois. Si tu peux éviter, c’est mieux. Mais fais comme tu le sens. Une confusion, ça se corrige avec de la patience.
Booster et maintenir ta production de lait
Si tu as besoin de stimuler ta lactation, voici quelques astuces qui fonctionnent :
- Peau à peau à volonté : c’est le meilleur stimulateur de lactation
- Boire beaucoup d’eau : reste bien hydratée
- Tisanes d’allaitement (en cure de quelques jours, pas en continu)
- Homéopathie (en cure de quelques jours)
- Aliments galactogènes : amandes, cumin, fenugrec, levure de bière… (attention au persil qui freine la lactation)
Astuce pratique : garde toujours de l’eau et des encas (fruits secs, chocolat) à portée de main. Au début, tu ne sais jamais combien de temps une tétée va prendre. Installe-toi confortablement, avec tout ce qu’il te faut pour être détendue.
Un tire-lait peut être utile dès le début, même si tu ne prévois pas de tirer ton lait régulièrement plus tard. Tu peux aussi utiliser un recueil-lait si tu as beaucoup de lait et que tu ne veux pas stimuler ta lactation. Avoir un petit stock de lait au congélateur te permettra d’être sereine si tu dois sortir 1 ou 2 heures, pour un rendez-vous médical, par exemple.

Il n’y a pas qu’une seule façon d’allaiter
Il y a autant de façons d’allaiter que de mamans et de bébés.
Certaines femmes font du tire-allaitement exclusif parce qu’elles trouvent l’allaitement au sein douloureux – et ça leur convient très bien.
D’autres allaitent pendant quelques semaines, d’autres plusieurs années. L’âge de sevrage naturel d’un humain se situe entre 2 et 6 ans – il n’y a donc pas d’allaitement « trop long ». Fais comme tu le sens.
Il se peut aussi que ton bébé se sèvre lui-même plus tôt. C’est son choix aussi.
L’important, c’est que tu trouves TA façon de faire, celle qui respecte tes besoins, tes valeurs et ton équilibre.
Ressources et soutien
Associations et groupes de soutien :
- La Leche League France : site web riche en informations, animateur·ices bénévoles formé·es, groupes locaux et en ligne
- Groupes Facebook spécialisés : « Allaiter en Pays de la Loire » et autres groupes régionaux
Professionnel·les à contacter :
- Consultantes en lactation IBCLC : professionnel·les spécialisé·es dans l’accompagnement de l’allaitement
- ORL spécialisé·es bébé : pour diagnostiquer d’éventuels freins restrictifs
- Sages-femmes formées à l’allaitement
Livres recommandés :
- Le manuel très illustré de l’allaitement de Caroline Guillot
- Allaiter, mon superpouvoir! de Christel Jouret
FAQ : Questions fréquentes sur l’allaitement
L’allaitement ne devrait pas faire mal une fois bien installé. Si tu ressens des douleurs, c’est souvent lié à une mauvaise position ou à une succion inefficace. N’hésite pas à te faire accompagner par une consultante en lactation pour corriger le problème rapidement.
Un bébé qui mouille 6 à 8 couches par jour, qui prend du poids régulièrement et qui semble satisfait après les tétées reçoit suffisamment de lait. Si tu as un doute, consulte une consultante en lactation ou ton·ta pédiatre.
Oui, tout à fait. Tu peux tirer ton lait pendant tes heures de travail (la loi française prévoit des pauses allaitement), le conserver et le donner à ton bébé en ton absence. Le tire-allaitement nécessite une organisation, mais c’est tout à fait possible.
En théorie, le lait maternel suffit à hydrater le bébé, même quand il fait chaud. En pratique, certaines mamans relatent qu’en cas de forte chaleur pendant une longue durée c’est difficile d’avoir le bébé au sein en continu et qu’un relais avec de l’eau filtrée peut sauver un allaitement.
Les bouts de sein peuvent être une solution temporaire en cas de crevasses ou de difficultés de prise du sein, mais ils peuvent diminuer la stimulation et donc la production de lait. Certaines femmes y arrivent néanmoins pendant plusieurs mois, sans que cela pose problème. Idéalement, travaille avec une consultante en lactation pour trouver des solutions alternatives.
Oui, toujours. Le lait maternel s’adapte parfaitement aux besoins de ton bébé. Il n’existe pas de « lait trop clair » ou « pas assez nourrissant ». C’est un mythe très répandu qui pousse de nombreuses femmes à arrêter l’allaitement à tort.
Sources et références sur l’allaitemet
Données épidémiologiques et recommandations :
- Organisation Mondiale de la Santé (OMS) – « Infant and young child feeding » – Recommandations sur l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois et poursuite jusqu’à 2 ans ou plus – 2021
- Turck D, Vidailhet M, Bocquet A, et al. (Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie) – « Enquête Épidémiologique Nationale sur l’Alimentation et l’état nutritionnel des enfants pendant leur première année de vie (Epifane), 2011-2012″ – Santé Publique France – Taux d’allaitement en France (77% à la maternité en 2021, 34,4% à 2 mois) – 2021
- Victora CG, Bahl R, Barros AJ, et al. (Lancet Breastfeeding Series Group) – « Breastfeeding in the 21st century: epidemiology, mechanisms, and lifelong effect » – The Lancet, Vol. 387, Issue 10017, p. 475-490 – Série complète sur les bénéfices de l’allaitement maternel pour l’enfant et la mère – 30 janvier 2016
Mort subite du nourrisson et allaitement :
- Horgan CE, Clydesdale G, Feeney M, Weale AR, Liversedge N, Heazell AE, et al. – « Relationship between exclusive breastfeeding at hospital discharge and type 1 diabetes in children: an umbrella review and meta-analysis » – British Journal of Nutrition, Vol. 130, No. 10 – Réduction du risque de diabète type 1 de 30% (allaitement 2-3 mois) et 60% (allaitement 6-12 mois) – 2023
- Horta BL, Loret de Mola C, Victora CG – « Long-term consequences of breastfeeding on cholesterol, obesity, systolic blood pressure and type 2 diabetes: a systematic review and meta-analysis » – Acta Paediatrica, Vol. 104, Issue 467 – Réduction de 13% du risque d’obésité et de 35% du risque de diabète type 2 – Décembre 2015
- Ruffles T, Fidler K, Inglis SK, et al. – « Environmental risk factors for respiratory infection and wheeze in young children: a multi-centre birth cohort study » – European Respiratory Society Congress – Réduction de 43% du risque d’infections respiratoires durant les 2 premières années – 2023
- Chonmaitree T, Trujillo R, Jennings K, et al. – « Acute Otitis Media and Other Complications of Viral Respiratory Infection » – Pediatrics, Vol. 137 – Diminution significative des otites moyennes aiguës liée à l’allaitement (baisse de 18% à 6% à 3 mois) – Avril 2016
- Bowatte G, Tham R, Allen KJ, et al. – « Breastfeeding and childhood acute otitis media: a systematic review and meta-analysis » – Acta Paediatrica, Vol. 104, Issue 467 – Effet protecteur de l’allaitement contre les otites moyennes aiguës dans les 2 premières années – Décembre 2015
- Davisse-Paturet C, Raherison C, Adel-Patient K, et al. – « Use of partially hydrolysed formula in infancy and incidence of eczema, respiratory symptoms or food allergies in toddlers from the ELFE cohort » – Pediatric Allergy and Immunology, Vol. 30 – Étude française ELFE confirmant la protection contre otites, infections respiratoires et eczéma – Septembre 2019
- Tromp I, Kiefte-de Jong J, Lebon A, et al. – « The Introduction of Allergenic Foods and the Development of Reported Wheezing and Eczema in Childhood: The EuroPrevall Birth Cohort » – Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, Vol. 165 – Protection contre infections respiratoires basses (OR = 0,71) – Octobre 2011
Bénéfices santé pour le bébé
- Hauck FR, Thompson JM, Tanabe KO, Moon RY, Vennemann MM – « Breastfeeding and reduced risk of sudden infant death syndrome: a meta-analysis » – Pediatrics, Vol. 128, No. 1, p. 103-110 – Réduction de 50% du risque de MSN avec allaitement d’au moins 2 mois – Juillet 2011
Bénéfices santé pour la mère :
- Collaborative Group on Hormonal Factors in Breast Cancer – « Breast cancer and breastfeeding: collaborative reanalysis of individual data from 47 epidemiological studies in 30 countries, including 50302 women with breast cancer and 96973 women without the disease » – The Lancet, Vol. 360, Issue 9328, p. 187-195 – Réduction du risque de cancer du sein de 4,3% par période de 12 mois d’allaitement – 20 juillet 2002
- World Cancer Research Fund (WCRF) / American Institute for Cancer Research (AICR) – « Diet, Nutrition, Physical Activity and Breast Cancer » – Continuous Update Project (CUP) Expert Report – Niveau de preuve probable de l’effet protecteur de l’allaitement contre le cancer du sein – 2018
- Unar-Munguía M, Torres-Mejía G, Colchero MA, González de Cosío T – « Breastfeeding Mode and Risk of Breast Cancer: A Dose-Response Meta-Analysis » – Journal of Human Lactation, Vol. 33, No. 2, p. 422-434 – Réduction de 28% du risque avec allaitement exclusif – Mai 2017
- Fan D, Xia Q, Lin D, et al. – « Role of breastfeeding on maternal and childhood cancers: An umbrella review of meta-analyses » – Journal of Global Health, Vol. 13, 04067 – Revue parapluie confirmant la réduction des risques de cancers (sein, ovaires, leucémie infantile, neuroblastome) – 2023
- Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC) – « Les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France métropolitaine » – Estimation de 1 600 cas de cancer du sein évitables en France avec allaitement > 6 mois – Lyon – 2018
- Schwarz EB, Ray RM, Stuebe AM, et al. – « Duration of lactation and risk factors for maternal cardiovascular disease » – Obstetrics & Gynecology, Vol. 113, No. 5, p. 974-982 – Protection cardiovasculaire à long terme – Mai 2009
- Stuebe AM, Rich-Edwards JW, Willett WC, Manson JE, Michels KB – « Duration of lactation and incidence of type 2 diabetes » – JAMA, Vol. 294, No. 20, p. 2601-2610 – Réduction du risque de diabète de type 2 – 23 novembre 2005
Attachement et lien parent-bébé
- Bowlby, John – « Attachment and Loss, Vol. 1: Attachment » – Basic Books – Théorie fondamentale de l’attachement – 1969 (réédition 1982)
- Klaus MH, Kennell JH – « Maternal-Infant Bonding: The Impact of Early Separation or Loss on Family Development » – C.V. Mosby Company – Importance du contact peau à peau précoce – 1976
- Feldman R, Eidelman AI, Sirota L, Weller A – « Comparison of skin-to-skin (kangaroo) and traditional care: parenting outcomes and preterm infant development » – Pediatrics, Vol. 110, No. 1 – Bénéfices du peau à peau sur l’attachement parent-bébé – Juillet 2002
- Anisfeld E, Casper V, Nozyce M, Cunningham N – « Does infant carrying promote attachment? An experimental study of the effects of increased physical contact on the development of attachment » – Child Development, Vol. 61, No. 5 – Impact du portage sur l’attachement sécure – Octobre 1990
- McKenna JJ, Ball HL, Gettler LT – « Mother-infant cosleeping, breastfeeding and sudden infant death syndrome: what biological anthropology has discovered about normal infant sleep and pediatric sleep medicine » – American Journal of Physical Anthropology, Vol. 134 – Bénéfices du cododo sécurisé – 2007
Physiologie de la lactation
- Daly SE, Hartmann PE – « Infant demand and milk supply. Part 1: Infant demand and milk production in lactating women » – Journal of Human Lactation, Vol. 11 – Mécanismes de l’offre et la demande dans la lactation – Mars 1995
- Kent JC, Mitoulas LR, Cregan MD, et al. – « Volume and frequency of breastfeedings and fat content of breast milk throughout the day » – Pediatrics, Vol. 117 – Variations de composition du lait maternel selon l’heure et l’âge du bébé – Mars 2006
- Cadwell K. & Brimdyr K. – Intrapartum Administration of Synthetic Oxytocin and Downstream Effects on Breastfeeding: Elucidating Physiologic Pathways, Annals of Nursing Research and Practice, 2017
- Lind J.N. et al. – The association between intrapartum interventions and immediate and ongoing breastfeeding outcomes, International Breastfeeding Journal, 2022
- Llobera-Dalmau J. et al. – The adaptive psychological changes of elective induction of labor in breastfeeding women, Journal of Psychosomatic Research, 2016
- Özen-Akarca İ. & Topal-Akarca M. – Impact of Delivery Method on Initiation and Continuation of Breastfeeding: A Prospective Cohort Study, PMC, 2024
Soutien et accompagnement à l’allaitement
- La Leche League France – Votre allaitement
- Jouret, Christel – « Allaiter, mon superpouvoir! » – Sage-femme et consultante en lactation IBCLC, fondatrice de Happy Naiss – Éditions Larousse – 2023
- International Lactation Consultant Association (ILCA) – Standards de pratique professionnelle pour les consultant·es en lactation certifié·es IBCLC
Comparaisons internationales
- OECD Family Database – « Breastfeeding rates (PF1.5) » – Données comparatives des taux d’allaitement dans les pays de l’OCDE (France vs pays nordiques : 77% France vs >95% Finlande/Norvège) – 2020
- Euro-Peristat – « European Perinatal Health Report: Health and care of pregnant women and babies in Europe in 2010 » – Comparaison européenne des pratiques d’allaitement – 2013
Photos : Wren Meinberg / Unsplash, Fanny Renaud / Unsplash, Dave-Clubb / Unsplash, Wren Meinberg / Unsplash


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