Tu es enceinte. À 36 semaines, on te propose un prélèvement vaginal pour le Streptocoque B. Résultat positif. On te parle d’antibiotiques en perfusion pendant l’accouchement. C’est présenté comme automatique, évident, sans vraiment t’expliquer les chiffres ni les alternatives.
Et pourtant, des questions méritent d’être posées.
Cet article est là pour t’aider à comprendre ce qu’est réellement le streptocoque B, ce que dit la science sur les risques et les traitements, ce que le protocole français ne met pas toujours en avant, et quelles alternatives existent pour prendre une décision véritablement éclairée.
Le streptocoque B, c’est quoi exactement ?
Une bactérie de la flore normale
Le streptocoque B, ou Streptococcus agalactiae, est une bactérie qui fait naturellement partie de la flore intestinale de nombreuses personnes. Chez les femmes, elle peut migrer depuis l’intestin vers le vagin (l’anus et le vagin étant anatomiquement proches) et se retrouver également dans la flore vésicale.
Environ 35 % de la population est porteuse du streptocoque B. On les appelle des porteur·se·s sain·e·s, parce que dans la grande majorité des cas, cette bactérie ne provoque aucun symptôme, aucune gêne, aucune maladie. Elle est là, puis elle disparaît, puis elle revient. Elle fait partie du paysage bactérien du corps humain.
Quand est-ce que ça pose un problème ?
Le problème survient à la naissance. Quand un bébé traverse le canal vaginal, il se colonise naturellement des bactéries de sa mère : c’est une étape essentielle pour construire son microbiome. Mais si la mère est porteuse du streptocoque B, le bébé peut se coloniser de cette bactérie aussi.
- 1 bébé sur 2 se colonise en passant par le vagin d’une mère porteuse, et devient à son tour porteur·se sain·e, sans aucune conséquence.
- Dans un faible pourcentage de ces bébés colonisés (environ 1 à 2 %), l’infection se développe réellement.
C’est ce petit pourcentage qui justifie toute l’attention médicale autour du streptocoque B, et c’est sur lui que tout le débat repose.
Les types d’infection néonatale
On distingue aujourd’hui deux (bientôt peut-être trois) types d’infections :
- L’infection précoce : diagnostiquée dans les 7 premiers jours de vie. C’est la plus fréquente. Elle se manifeste par une septicémie, une pneumonie, et peut évoluer rapidement.
- L’infection tardive : de 7 à 90 jours après la naissance. Plus souvent associée à une méningite, qui peut laisser des séquelles dans près de 50 % des cas si elle n’est pas traitée rapidement.
- L’infection prénatale : une hypothèse émergente, encore à l’étude, qui expliquerait pourquoi certains bébés naissent déjà infecté, et qui pourrait être impliquée dans jusqu’à 12 % des morts fœtales in utero en fin de grossesse.
Ces chiffres sont sérieux. Ils justifient une vigilance réelle. Mais ils ne justifient pas forcément le protocole actuel tel qu’il est appliqué — et c’est là que ça devient intéressant.
Le streptocoque B en chiffres : ce que le protocole ne met pas toujours en avant
Avant de parler du dépistage et des traitements, posons les chiffres clairement.
- 35 % des femmes enceintes sont porteuses du strepto B
- En cas de portage maternel, le risque d’infection du bébé est d’environ 0,5 %, soit environ 1 à 2 % selon les études et les contextes d’accouchement
- 90 % de ces infections sont de forme légère
- L’infection grave (méningite avec séquelles) reste donc extrêmement rare
- Avec l’antibioprophylaxie en travail, le risque d’infection tombe à environ 0,22 %, une réduction d’environ 80 %
- Mais attention : cette donnée a été évaluée principalement dans des contextes d’accouchements médicalisés, avec rupture artificielle des membranes, analgésie péridurale, immobilité prolongée, qui augmentent eux-mêmes le risque infectieux
Une revue publiée dans le British Medical Journal (Seedat et al., 2019) a conclu que le dépistage universel anténatal du streptocoque B « aurait conduit à un surtraitement de 138 583 femmes (99,75 %) en travail. »
En France, 1 femme sur 3 reçoit aujourd’hui des antibiotiques en prophylaxie le jour de son accouchement.

Le dépistage en France du Streptocoque B : ce qui est proposé et ses limites
Le prélèvement vagino-rectal à 36-37 semaines
En France, le dépistage standard consiste en un écouvillon vagino-rectal réalisé entre 36 et 37 semaines et 6 jours. Il peut être fait par la sage-femme ou le médecin, ou par la femme enceinte elle-même selon les indications.
Le résultat revient positif (présence du strepto B) ou négatif. Ce résultat reste valide 5 semaines. Si la personne dépasse 41 semaines et que le test date de plus de 5 semaines, un nouveau test peut être proposé.
Limites importantes :
- Ce test n’a qu’un taux de détection de 69 %, ce qui signifie beaucoup de faux négatifs possibles
- Le strepto B est une bactérie intermittente : elle peut être présente lors du test et absente à l’accouchement, ou absente lors du test et présente à l’accouchement
- Une fois déclarée positive (même si des traitements alternatifs ont été mis en place et qu’un nouveau test est négatif), la personne est considérée positive jusqu’à l’accouchement dans le protocole standard
La culture d’urine du premier trimestre
Si du strepto B est détecté dans la culture d’urine en début de grossesse, la personne est automatiquement considérée positive pour toute la durée de la grossesse, sans attendre le dépistage de fin de grossesse. Cela témoigne d’une colonisation abondante qui peut avoir des conséquences : infections urinaires à répétition, risque d’accouchement prématuré, rupture prématurée des membranes.
Streptocoque B : l’approche de dépistage par facteur de risque
Avant que le dépistage universel devienne la norme, une autre approche existait : l’approche par facteur de risque. Elle consiste à administrer les antibiotiques uniquement si l’un des facteurs suivants est présent pendant le travail :
- Accouchement avant 37 semaines
- Fièvre maternelle en travail
- Rupture des membranes de plus de 18 heures
- Strep B positif dans les urines en début de grossesse
- Antécédent de bébé infecté par le strepto B
Cette approche est encore utilisée par certain·e·s professionnel·le·s, notamment dans les accompagnements à domicile.
Le test PCR : un dépistage du Streptocoque B plus fiable, encore trop rare
Il existe un test de détection rapide par PCR (réaction en chaîne par polymérase) qui peut être réalisé au moment même de l’accouchement. Son taux de détection est de 91 %, soit nettement supérieur au test par écouvillon standard (69 %).
Ce test donne un résultat en une heure, ce qui permettrait de savoir en temps réel si la personne est porteuse au moment où elle accouche, et d’adapter la décision en conséquence.
Pourquoi ne l’utilise-t-on pas davantage ? Principalement pour des raisons économiques : il est plus coûteux que la culture standard. Ce n’est pas une raison médicale.
Dans un système idéal, ce test remplacerait le dépistage à 36 semaines : plus fiable, plus juste, moins de surtraitement. Il est à mentionner à ton·ta professionnel·le de santé si tu souhaites avoir l’information la plus précise possible au moment de l’accouchement.
La prévention en France du streptocoque B
En France, le protocole recommandé est clair : si la personne est testée positive au strepto B (ou présente des facteurs de risque), elle reçoit de la pénicilline par voie intraveineuse toutes les 4 heures pendant le travail.
Ce traitement est appelé antibioprophylaxie, un antibiotique par prévention, administré avant que l’infection ne soit déclarée.
Ce que ce protocole ne précise pas toujours :
- Recevoir des antibiotiques ne signifie pas être branchée à une perfusion permanente pendant tout l’accouchement. Le soluté est administré pendant environ 25-30 minutes toutes les 4 heures. Entre les doses, il est possible de se déplacer librement.
- Ce protocole est une recommandation, pas une obligation légale. Il peut être refusé.
- Il a été élaboré sur la base d’une étude dont les biais sont aujourd’hui pointés par plusieurs expert·e·s, notamment Jacqueline Lavillonnière dans son Manuel d’obstétrique physiologique.
La prévention ailleurs : ce que font les autres pays
Le Royaume-Uni : pas de dépistage universel pour le Streptocoque B
Le Royaume-Uni ne propose pas de dépistage universel du streptocoque B à toutes les femmes enceintes. L’approche britannique repose sur la surveillance postnatale du bébé et le traitement rapide si des symptômes apparaissent.
La Dr Sara Wickham, sage-femme et chercheuse, explique que cette position est fondée sur des données solides : le dépistage universel génère un surtraitement massif, avec des effets indésirables réels pour les mères et les bébés, sans réduction suffisante du risque pour les rares bébés véritablement en danger.
La conclusion de la revue du British Medical Journal (Seedat et al.) est explicite : le dépistage universel anténatal « peut causer plus de tort que de bien. »
Michel Odent : une question entourée de mystères
Le Dr Michel Odent, obstétricien de renommée mondiale et fondateur du Primal Health Research Centre, pose une question que peu de professionnel·le·s osent formuler : « Comment se fait-il qu’un bébé humain développe une maladie liée à une bactérie transmise par sa mère, alors qu’il dispose des anticorps maternels ?«
Les anticorps anti-streptocoque B passent en réalité plus difficilement le placenta que d’autres anticorps, ce qui peut expliquer une vulnérabilité partielle chez certains bébés. Mais cela ouvre aussi la question de pourquoi les politiques de santé publique sont aussi divergentes d’un pays à l’autre.
Au Royaume-Uni, l’approche consiste à surveiller l’état du bébé après la naissance et à agir rapidement si des signes d’infection apparaissent. Michel Odent rappelle que statistiquement, environ 400 femmes reçoivent des antibiotiques pour éviter un seul cas d’infection.
Les antibiotiques : effets indésirables et impact sur le microbiome
Les antibiotiques ne sont pas neutres. Et dans le contexte du strepto B, où le surtraitement est massif, leurs effets indésirables méritent une attention sérieuse.
Pour la mère
- Risque de réaction allergique à la pénicilline, y compris chez des personnes qui en ont déjà pris sans problème par voie orale, la voie intraveineuse peut déclencher une réaction pour la première fois
- Multiplication par 3 du risque de candidose (infection à levures) en post-partum
- Infections vaginales, vaginoses
- Perturbation de la flore intestinale, avec effets sur l’humeur, l’immunité, la digestion
Pour le bébé
- Muguet (candidose orale) fréquent, douloureux pour le bébé et pour la mère qui allaite
- Perturbation du microbiome dans les premiers mois de vie, avec des conséquences potentielles sur le développement immunitaire et neurologique
- Impact sur l’allaitement : mère et bébé douloureux, fatigue amplifiée, déséquilibre de la flore, le démarrage de l’allaitement se fait sous tension
Comme le résume le Dr Ragnar Weissman, docteur en biologie : « Les antibiotiques à l’accouchement, c’est un lance-flammes. Ça bousille tout. Et aujourd’hui on en met en préventif. »
Un impact qui se résorbe, sous conditions
La bonne nouvelle : si les antibiotiques sont reçus sur une durée courte (moins de 24 heures) et que le bébé est allaité exclusivement pendant 6 mois, la science démontre que l’impact sur son microbiome se rééquilibre dans les premiers mois de vie. L’allaitement maternel reste le meilleur outil de reconstruction du microbiome néonatal perturbé.

Et si on ne faisait rien ? Comprendre le refus éclairé
Refuser le dépistage, ou refuser les antibiotiques après un test positif, est un choix légal. Ce droit au refus devrait être respecté sans jugement, sans menace, et sans pression, y compris la pression implicite de proposer des antibiotiques au bébé en postnatal « pour compenser ».
Ce que cela implique concrètement :
- Une vigilance postnatale accrue, qui s’applique d’ailleurs à TOUS les bébés, quel que soit le statut maternel et le choix fait pendant le travail
- Connaître les signes d’alerte (voir section ci-dessous)
- Agir vite si quelque chose ne va pas
Il est également important de noter que plusieurs éléments physiologiques jouent un rôle protecteur naturel :
- Le liquide amniotique est bactéricide : en traversant le vagin lors de l’accouchement, il protège en partie de la remontée des bactéries vers l’utérus. C’est une des raisons pour lesquelles la rupture artificielle des membranes est questionnée : elle supprime cette protection naturelle.
- Le colostrum est riche en IgA sécrétoires, des anticorps présents dans le lait maternel dès les premières heures, qui jouent un rôle dans la protection du bébé contre les infections, y compris le strepto B.
Jacqueline Lavillonnière, dans son Manuel d’obstétrique physiologique, rappelle que l’étude originale sur laquelle repose la recommandation d’antibioprophylaxie systématique en France comportait de nombreux biais et que son application universelle est questionnée depuis des années, notamment par l’OMS qui alerte sur les risques liés à l’utilisation massive et préventive d’antibiotiques.
Une autre voie est possible : prévention naturelle du Streptocoque B et alternatives
Optimiser son microbiome pendant la grossesse
La meilleure prévention commence bien avant le dépistage. Un microbiome équilibré réduit naturellement la prolifération du strepto B et bénéficie à l’ensemble de la grossesse (réduction des risques de fausse couche, d’accouchement prématuré, d’infections urinaires).
Ce qui soutient ton microbiome :
- Alimentation riche en fruits et légumes (viser 8 portions par jour)
- Aliments lacto-fermentés : choucroute, kimchi, miso, kéfir
- Vitamines A, C, D et zinc
- Gestion du stress et de l’anxiété
- Limiter les examens vaginaux inutiles pendant la grossesse (potentiellement chaque examen pousse mécaniquement les bactéries vers le haut)
Les probiotiques : ce que la science dit
La science a identifié des souches de probiotiques efficaces pour réduire la colonisation vaginale par le strepto B. Il s’agit des lactobacillus et en particulier de trois souches :
- Lactobacillus reuteri
- Lactobacillus rhamnosus
- Lactobacillus salivarius
Protocole recommandé :
- Viser 10 milliards d’UFC par capsule, 2 capsules par jour
- En cas d’antécédent de strepto B positif : commencer dès le début de la grossesse
- Pour toute porteuse potentielle : au minimum au 3e trimestre
- Insérer une capsule dans le fond du vagin chaque soir au coucher jusqu’au dépistage : cette pratique a été démontrée scientifiquement pour réduire la colonisation vaginale par le strepto B (Garcia et al., 2021)
L’allicine : la piste de l’ail pour le Streptocoque B
L’ail contient une molécule active appelée allicine, dont une étude de laboratoire menée en 2009 a démontré qu’elle détruisait le streptocoque B in vitro. À la suite de ces travaux, Michel Odent a recommandé une pratique empirique simple :
Insérer une gousse d’ail intacte dans le vagin chaque soir au coucher, pendant 2 à 3 semaines avant le dépistage.
Précautions importantes :
- Ne jamais couper ou entailler la gousse : le jus d’ail brûle les muqueuses vaginales
- Peler très délicatement, en laissant si besoin une fine pellicule protectrice
- On peut enrober la gousse d’huile de coco pour faciliter l’insertion
- Le matin, avec des mains propres, retirer la gousse
Cette pratique n’a pas encore fait l’objet d’une étude clinique, mais elle est sûre, accessible, et, selon Michel Odent, est cohérente avec les données de laboratoire disponibles.
Surveiller son bébé : les signes qui doivent alerter
Quel que soit ton choix (dépistage ou non, antibiotiques ou non, positive ou négative) la surveillance postnatale de ton bébé est essentielle. L’infection néonatale au strepto B peut être foudroyante : les premières heures comptent.
Consulte en urgence si ton bébé présente :
- Léthargie : il est mou, sans tonus, ne réagit pas normalement
- Coloration anormale : grisâtre, bleuâtre, teint douteux
- Irritabilité soudaine : bébé calme qui devient inconsolable, cri de détresse
- Difficultés respiratoires : respiration rapide (tachypnée), bruyante
- Signes neurologiques : un œil qui n’ouvre pas, mouvements anormaux
- Fièvre ou hypothermie
Plus on agit vite, meilleurs sont les résultats. N’attends pas. N’observe pas « encore un peu ». En cas de doute, consulte.
Préparer cette décision à deux
Le protocole strepto B est souvent présenté comme une évidence et rarement expliqué en profondeur lors des consultations prénatales. Pourtant, il implique une décision médicale réelle, avec des effets indésirables possibles et des alternatives existantes.
Préparer cette décision ensemble, en couple, change la donne. Quand les deux parents comprennent les chiffres, les risques réels, les options disponibles et les signes d’alerte postnataux, la décision est moins solitaire — et le retour à la maison, moins anxiogène.
Le père ou le co-parent joue un rôle concret dans cette préparation : poser les questions en consultation, connaître les signes d’alerte chez le bébé, soutenir le choix fait par la personne qui accouche sans que ce choix soit dicté par la peur ou la pression. Être informé·e, c’est une façon d’être présent·e.
Ressources complémentaires
Pour approfondir
- Dr Sara Wickham : Group B Strep Explained (en anglais) : analyse complète des données et des options, par une sage-femme et chercheuse britannique.
- Dr Aviva Romm : podcast et article sur le strepto B (en anglais) : approche intégrative, recommandations probiotiques et alimentation.
- Jacqueline Lavillonnière : Manuel d’obstétrique physiologique : références et analyse critique du protocole français
- Begoña Martinez de Tejada : « Le streptocoque B chez les femmes enceintes : une menace sous contrôle ? » : synthèse scientifique accessible
- Michel Odent — « Group B Streptococcal Infection: Beyond the Mysteries » (2015) : réflexions sur les paradoxes immunologiques du strepto B
FAQ : les questions que tu te poses sur le strepto B
Non. L’antibioprophylaxie est une recommandation médicale, pas une obligation légale. Tu as le droit de la refuser, de poser des questions, de demander d’autres options. L’essentiel est que ta décision soit éclairée : tu connais les risques réels, les alternatives disponibles, et tu sais quoi surveiller chez ton bébé après la naissance.
Pas forcément. Le strepto B est une bactérie intermittente, elle va et vient. Un test positif à 36 semaines ne garantit pas une colonisation au moment de l’accouchement, et inversement. C’est une des limites du protocole de dépistage actuel. Le test PCR réalisé au début du travail serait plus fiable, mais il est rarement proposé.
Non. L’antibiotique est administré par voie intraveineuse en environ 25-30 minutes, toutes les 4 heures. Entre les doses, tu n’es pas reliée à une perfusion. Cela peut demander un peu d’organisation avec l’équipe soignante, mais l’accouchement physiologique avec mobilité reste possible.
Surveille attentivement ton bébé pendant les 7 premiers jours (et au-delà jusqu’à 90 jours pour l’infection tardive). Les signes d’alerte : léthargie, teint anormal, cri de détresse, difficultés respiratoires, fièvre ou bébé anormalement froid. En cas de doute, consulte sans attendre. Agir vite change radicalement les résultats.
Oui, des études scientifiques l’ont démontré. Les souches Lactobacillus reuteri, rhamnosus et salivarius, insérées dans le vagin chaque soir au troisième trimestre, réduisent significativement la colonisation par le strepto B. Ce n’est pas une garantie absolue, mais c’est une approche sûre, naturelle et fondée sur des données solides.
Une étude de laboratoire (2009) a démontré que l’allicine, molécule active de l’ail, détruisait le streptocoque B in vitro. Il n’existe pas encore d’étude clinique sur l’usage vaginal chez la femme enceinte, mais la pratique est sûre si elle est bien réalisée (gousse entière, non incisée, pelliculée d’huile végétale). Michel Odent la recommande depuis des années comme approche empirique avant le dépistage.
L’impact existe : les antibiotiques perturbent la flore naissante du bébé. Mais si l’allaitement maternel exclusif est maintenu pendant 6 mois, la science montre que ce déséquilibre se résorbe. Prendre des probiotiques toi-même en postnatal, et en donner au bébé, aide aussi à accélérer la reconstruction du microbiome.
Oui et ce n’est pas que ton partenaire. Une transmission par contact est possible dans les cas d’infection tardive (de 7 à 90 jours). C’est une raison de plus pour rappeler à toute personne qui touche le bébé de se laver les mains soigneusement : avec du savon, entre les doigts, pendant plus de 30 secondes, avant tout contact. Un réflexe simple et décisif.
Sources scientifiques
- Seedat, F. et al. — Universal antenatal screening for group B Streptococcus may cause more harm than good — BMJ (British Medical Journal), 2019. Revue systématique montrant que le dépistage universel aurait conduit au surtraitement de 138 583 femmes (99,75 %) en travail.
- Garcia, R.G. et al. — Probiotics for the prevention of Group B Streptococcus colonization in pregnant women — Journal of Midwifery & Women’s Health, 2021. Étude sur l’efficacité des probiotiques vaginaux pour réduire la colonisation par le strepto B.
- Odent, M. — Group B Streptococcal Infection: Beyond the Mysteries — Primal Health Research, 2015. Réflexions sur les paradoxes immunologiques et les limites du protocole standard.
- Wickham, S. — Group B Strep Explained — Birthmoon Creations, multiple éditions. Analyse complète des preuves scientifiques, des options et de la décision éclairée.
- Lavillonnière, J. — Manuel d’obstétrique physiologique — Analyse critique des biais de l’étude fondatrice de la recommandation d’antibioprophylaxie, et discussion du rôle protecteur du liquide amniotique et du colostrum.
- Martinez de Tejada, B. — « Le streptocoque B chez les femmes enceintes : une menace sous contrôle ?« — Publication scientifique francophone. Synthèse des données épidémiologiques et des protocoles de prise en charge.
- Romm, A. — Group B Strep in Pregnancy: Everything You Need to Know — Aviva Romm MD (blog et podcast). Approche intégrative incluant nutrition, probiotiques et gestion du microbiome.
- Weissman, R. — Conférence Mum Mood 2024 — Docteur en biologie. Impact de l’allaitement maternel sur le microbiote néonatal et effets des antibiotiques en périnatalité.
- Étude allicine (2009) — Étude de laboratoire démontrant l’effet bactéricide de l’allicine (composante active de l’ail) sur le streptocoque B. Citée par Michel Odent dans ses travaux sur les alternatives naturelles.
- OMS — Organisation mondiale de la santé — Alertes sur les risques liés à l’utilisation massive et préventive des antibiotiques, et recommandations sur l’antibiorésistance.
Photos : Anna Civolani / Unsplash, Cottonbro / Pexels, Corryne Wooten / Unsplash


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